Le pape est mort et le monde entier est en deuil

Le pape est mort et le monde entier est en deuil

Le pape Jean Paul II est mort samedi soir à l’âge de 84 ans, à l’issue d’un des plus longs et plus marquants pontificats de l’histoire.

2707181649.jpgPremier pape d’origine polonaise, il aura passé 26 ans à la tête de l’Eglise catholique et joué un rôle clé dans la chute du communisme en Europe de l’Est et dans la promotion du dialogue avec les autres religions.

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La nouvelle de son décès a été immédiatement annoncée aux milliers de fidèles massés sur la place Saint-Pierre, à Rome, qui ont applaudi de longues minutes en hommage au défunt avant de s’enfermer dans le silence et les prières.

« Notre Saint-Père Jean Paul est retourné dans la Maison du Père », a déclaré l’archevêque Leonardo Sandri à la foule.

La tristesse se lisait sur de nombreux visages des fidèles et touristes réunis sur la place, tandis que les cloches de la basilique Saint-Pierre brisaient le silence de la nuit romaine en sonnant lentement le début du deuil pour le pape.

« Le Saint-Père est mort ce soir à 21h37 (19h37 GMT) dans ses appartements privés », a annoncé le Vatican dans un communiqué.

La cause précise du décès n’a pas été précisée. Mais l’état de santé du pape, qui souffrait d’arthrite et de la maladie de Parkinson, s’est progressivement dégradé au cours de la dernière décennie pour s’aggraver brutalement ces derniers jours.

Il avait dû être hospitalisé à deux reprises en février et des problèmes respiratoires avaient nécessité une trachéotomie.

« TOUS ORPHELINS »

Mercredi, les médecins avaient placé un tube d’alimentation dans son estomac pour tenter de lui redonner des forces.

Le lendemain, il contractait une infection urinaire. Puis vinrent la fièvre, des problèmes rénaux, et enfin la mort.

« Nous nous sentons tous orphelins ce soir mais notre foi nous enseigne que ceux qui croient au Seigneur vivent en lui », a lancé l’archevêque Renato Boccardo à la foule.

A l’annonce de sa mort, des milliers de personnes de tous les quartiers de la capitale italienne ont remonté lentement le boulevard allant du Tibre vers la Cité du Vatican. Deux heures après l’annonce du décès, quelque 130.000 personnes étaient rassemblées sur la place Saint-Pierre, a dit la police.

Selon les règles de l’Eglise, les cérémonies du deuil papal dureront neuf jours. Le Vatican a annoncé que son corps ne serait pas exposé avant lundi après-midi au plus tôt dans la basilique Saint-Pierre.

Les funérailles auront lieu à une date qui n’a pas encore été annoncée. La presse italienne avance la date de mercredi.

Des chefs d’Etat du monde entier, y compris George Bush, sont attendus.

Le secrétaire d’Etat du Vatican, Angelo Sodano, a précisé qu’une messe du requiem serait dite sur cette place dimanche à 10h30 (8h30 GMT).

Dans 15 à 20 jours, un conclave se réunira dans la chapelle Sixtine pour élire un nouveau pape.


« CHAMPION DE LA LIBERTE »

Il n’y a pas de favori pour lui succéder. Le Polonais Karol Wojtyla était lui-même un outsider quand il devint le premier non Italien depuis 455 ans à devenir pape, le 16 octobre 1978.

Le Vatican a fait savoir qu’il avait passé les derniers instants de sa vie entouré de ses conseillers polonais. Certains journaux affirment que son dernier mot a été « Amen »

Outre son combat contre le communisme et ses gestes de rapprochement avec les religions juive et musulmane, Jean Paul II restera dans l’histoire pour sa défense stricte des doctrines traditionnelles du Vatican. Son opposition à la contraception, à l’avortement, à l’accès des femmes à la prêtrise ou encore au mariage des prêtres lui ont valu d’être critiqué par la frange la plus libérale de l’Eglise.

Mais c’est avant tout son rôle en faveur de la paix qui a été souligné dans les hommages rendus par le monde entier.

Le président américain George Bush a déploré le décès d’un « champion de la liberté humaine ».

Pour le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, Jean Paul II « pensait, comme moi, qu’il n’y a que des perdants dans les guerres ».

« L’Histoire gardera l’empreinte et la mémoire de ce souverain pontife exceptionnel, dont le charisme, la conviction et la compassion auront fait résonner le message évangélique d’un écho sans précédent sur la scène internationale », a déclaré Jacques Chirac et le président iranien Mohammed Khatami a exprimé son « extrême tristesse ».

Trois jours de deuil ont été décrétés en Italie et, de manière plus inattendue, à Cuba. En Pologne, les cloches ont résonné à travers le pays et les sirènes ont retenti à Varsovie. Six jours de deuil ont été décrétés.

Du Burundi aux Philippines, des milliers de fidèles se sont spontanément rassemblés pour prier pour le Saint-Père, un polyglotte qui aura effectué plus de voyages à l’étranger que tous ses prédécesseurs au cours de son pontificat, le troisième plus long de l’histoire de la papauté. Au total, Jean Paul II se sera rendu dans 129 pays et territoires.

Mais avec les années, l’énergie de « l’athlète de Dieu », guéri en quelques semaines de la tentative d’assassinat perpétrée à son encontre en 1981, s’est progressivement éteinte. Naguère un sportif et un grand orateur, le pape n’avait plus ces derniers jours la force de parler.

Dimanche dernier, il avait délégué pour la première fois de son règne la lecture de son message pascal « urbi et orbi », avant de tenter par deux fois, en vain, de dire quelques mots aux fidèles réunis sur la Place Saint-Pierre.

Dix ans après avoir assisté à la chute du communisme, le pape avait réalisé en 2000 un des ses rêves en se rendant en Terre sainte. Devant le Mur des Lamentations, il avait demandé pardon pour les péchés commis au cours des siècles par les catholiques contre les juifs. Il fut aussi le premier pape à effectuer une visite officielle dans une mosquée, celle des Omeyyades à Damas, en mai 2001.

[source – yahoo.com] (Reuters)