Sony veut facturer les échanges peer-to-peer

Le groupe high-tech nippon développe une technologie qui permettra de taxer les échanges en ligne. Une voie supplémentaire pour tirer profit des contenus produits par Sony.

« Nous devons trouver un moyen d’encaisser de l’argent (lorsque deux internautes s’échangent des contenus) », a déclaré le président de Sony, Nobuyuki Idei, à l’occasion d’une rencontre avec la presse ce week-end. Autrement dit, trouver un moyen de facturer les échanges de fichiers entre internautes sur les réseaux P2P. Echanges que Nobuyuki Idei considère comme du vol même s’il « ne faut pas interdire à quelqu’un de passer une musique à un ami » à condition de « pouvoir récupérer de l’argent à chaque transfert ».

Le président du groupe nippon a clairement précisé que son entreprise développait une technologie permettant de facturer les échanges en ligne. Sans toutefois donner de détail sur une éventuelle date de lancement ou sur les modalités de mise en oeuvre. Sony n’est cependant pas seul sur ce terrain. Snocap, société créée par Shawn Fanning, le créateur déchu de Napster, propose sa technologie de filtrage et de facturation pour les réseaux P2P. Snocap, qui a déjà signé avec Universal Music, est en négociation avec d’autres éditeurs de musique.

Fournisseurs de contenus comme de matériels de lecture et de supports, Sony a tout intérêt a exploiter tous les moyens possibles pour tirer profit de ses productions. A savoir des films avec ses studios de cinéma Columbia et MGM, un catalogue de musique Sony BMG et des titres de jeux vidéo pour sa gamme de Playstation. L’été dernier, Sony a ouvert Sony Connect, sa plate-forme de vente de musique en ligne. Plus récemment, le constructeur a décidé d’ouvrir ses baladeurs numériques au format MP3, standard de fait.

S’adapter face au P2P

Mais cela ne suffit pas. Et Sony, comme l’ensemble des majors, cherche à s’adapter face au phénomène du P2P, incessant malgré les nombreux procès faits à l’encontre d’internautes indélicats avec les droits d’auteur, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Pour l’heure, Sony n’a pas fourni de plus amples détails sur cette technologie de filtrage. Mais elle devrait être basée sur l’exploitation des DRM (gestion des droits numériques).

Globalement, les échanges de fichiers resteraient libre mais leur écoute ne pourrait s’effectuer qu’après que l’utilisateur ait obtenu une clé de « dévérouillage » du fichier contre espèces sonnantes et trébuchantes. La mise au point de ce genre de technologie est l’un des objectifs du consortium Coral fondé par des groupes high-tech comme Sony, HP et Philips qui vise à faire émerger un standard des DRM.

[source – vnunet.fr] Christophe Lagane