Avec la bénédiction du gouvernement, l’ART exige que les opérateurs mobiles prennent compte des « demandes raisonnables d’accès émanant des opérateurs virtuels ». L’objectif est de faciliter l’arrivée de nouveaux entrants sur ce marché.
L’Autorité de régulation des télécommunications (ART) veut faire pression auprès des trois opérateurs mobiles et les contraindre à se montrer plus ouverts vis-à-vis de l’émergence d’opérateurs mobiles virtuels. Malgré l’apparition de premiers accords MVNO (Mobile Virtual Network Operator), Orange France, SFR et Bouygues Télécom voient d’un mauvais oeil l’arrivée de concurrents challengers sur des services de voix et SMS.
Avec l’appui du gouvernement, l’ART presse le mouvement en imposant aux opérateurs mobiles « de faire droit aux demandes raisonnables d’accès émanant des opérateurs virtuels ». Une expression qui ne va pas manquer de susciter des polémiques du côté des opérateurs. L’une des ambitions de l’ART est de délivrer la quatrième licence UMTS disponible à un nouvel entrant.
L’organisme de régulation des télécoms vient d’achever son analyse sur le marché de gros de l’accès et du départ d’appel mobile, Orange France, SFR et Bouygues Télécom exercent une « influence significative » sur le marché de gros de la téléphonie mobile en métropole. Une consultation publique après analyse est proposée jusqu’à 4 février 2005 sur le sujet.
Soutien du gouvernement
Patrick Devedjian vient de réaffirmer sa confiance à l’ART dans ce dossier. « Les opérateurs mobiles virtuels sont trop peu nombreux en France et peinent à percer, cantonnés à des niches », déclare le ministre délégué à l’Industrie dans une interview parue dans l’édition du 17 décembre des Echos.
Fin novembre, Patrick Devedjian a émis un décret attribuant à l’ART des « pouvoirs étendus » pour imposer des obligations aux opérateurs en position dominante ou en « position d’influence significative conjointe ». Ces nouvelles prérogatives de l’ART sont censées favoriser une baisse des tarifs de gros qui sont pratiqués sur le marché mobile.
En l’état actuel, trois acteurs télécoms en France ont pris position en tant qu’opérateur mobile virtuel grand public : en juin, le groupe allemand Debitel s’est associé à SFR pour lancer une offre MVNO au niveau national tandis que The Phone House, enseigne de distribution de produits télécoms, a créé le mois suivant une filiale (Omer Télécom) pour développer des formules d’offres mobiles régionales en s’appuyant sur le réseau d’Orange. La première a été inaugurée cet été en Bretagne sous la marque Breizh Mobile.
Transatel a été précurseur dans ce domaine : dès 2001, cette société française s’est positionnée comme opérateur virtuel en ciblant les les voyageurs transfrontaliers entre la France et la Belgique et en empruntant le réseau de Bouygues Télécom. L’entrée sur scène de Télé2 France est également attendue. Mais, visiblement, l’opérateur alternatif rencontre des difficultés à négocier des conditions d’accès lui permettant d’être compétitif.
[source – vnunet.fr] Philippe Guerrier
