La nouvelle start-up de Shawn Fanning, le créateur de Napster, ouvre son service de gestion des fichiers numériques …légal cette fois-ci.
Snocap vient d’annoncer l’ouverture de son service qui permettra, notamment, l’échange de fichiers audio en toute légalité. Fondée en septembre 2002 par Shawn Fanning (le créateur de Napster première version), Jordan Mendelson et Ron Conway, Snocap offre une technologie de marquage des fichiers afin d’en maîtriser la distribution en ligne. Une application d’échange peer-to-peer (P2P) légale aux yeux des majors, en somme.
L’offre de la start-up s’appuie sur la technologie d’emprunte électronique développée par Philips Royal Labs. Laquelle permet d’identifier un fichier selon ses caractéristiques audio propres et d’y associer des droits. Par exemple de spécifier le lecteur audio, Windows Media Player pour ne pas le nommer, qui pourra autoriser la lecture du titre après paiement.
Snocap n’est donc pas un distributeur de musique, comme pouvait l’être Napster à l’origine, mais une société de service qui propose aux éditeurs, producteur, distributeurs et artistes eux même une interface de gestion, baptisée Content Identification Service (CIS). Cette interface leur permet d’accorder et gérer les droits d’exploitation pour chaque fichier numérique afin mettre leur catalogue en ligne sur n’importe quel type de plate-forme, magasin virtuel comme réseau P2P, avec l’assurance qu’il sera exploité légalement et rétribué. Le premier client de Snocap est Universal Music Group qui met à jour son catalogue à la sauce Snocap. D’autres pourraient suivre.
Le potentiel est immense
L’intérêt est évident. Tant pour les majors qui n’auront plus (trop) à se soucier du problème du piratage par échange illégal de fichiers que pour les utilisateurs qui n’auront pas forcément à changer leurs habitudes, sauf pour consommer gratuitement de la musique. Car, à la différence des sites de distribution en ligne telle que l’iTunes Music Store à l’exhaustivité forcément limitée, le P2P offre un catalogue mondial qui dépasse celui des majors.
Surtout, l’usage de l’outil d’échange est à ce point répandu qu’il est difficile d’imaginer que les internautes puissent aujourd’hui s’en passer. Les majors ont donc tout intérêt à s’appuyer sur le P2P pour élargir la distribution de leurs titres. On peut même imaginer que des artistes sans label pourront exploiter l’outil pour s’auto distribuer. Et, ce qui est valable pour les fichiers audio pourra s’appliquer aux fichiers vidéo et autres contenus numériques.
Le potentiel de Snocap semble donc immense. Le fonds d’investissement WaldenVC ne s’y est pas trompé. Il vient de provisionner Snocap de 10 millions de dollars.
[source – vnunet.fr] Christophe Lagane
