Paris envisage une migration en douceur vers les logiciels libres

Les premières conclusions sur les coûts d’une migration du système informatique de la Ville de Paris ont été rendues aux élus. Pas de révolution en vue, mais une migration progressive.

Une poignée d’élus issus des Commissions finances et administration générale du Conseil de Paris, ainsi que trois adjoints au maire (François Dagnaud, Christian Sautter et Danièle Auffray, chargée des nouvelles technologies et de la recherche) ont pris connaissance, mardi 12 octobre 2004, des conclusions de « l’étude économique d’une migration vers le logiciel libre » commandée en début d’année à la société Unilog Management. Cet audit permettra aux services municipaux d’élaborer une stratégie de désengagement des solutions technologiques propriétaires actuellement utilisées, celles de Microsoft et d’Oracle essentiellement.

Si les conclusions de l’étude n’ont pas été rendues publiques, il semble certain qu’il n’y aura pas de bouleversement brutal dans l’immédiat. Selon le communiqué de la mairie de Paris, le rapport préconiserait une migration progressive vers les logiciels libres. Une migration qui, d’une certaine manière, a déjà commencé : 120 des 250 serveurs de la mairie tournent sous Linux et le moteur de portails Lutece, développé en open source, est opérationnel depuis 2002. Une migration massive apparaît en effet « incompatible avec l’état d’origine du parc et du système dont l’audit réalisé en 2001 avait souligné la vétusté », souligne le communiqué. De plus, le basculement brusque vers des solutions open source risquerait d’occasionner des surcoûts importants sans améliorer les services. Cette stratégie de migration s’inscrit dans le schéma directeur informatique 2004-2007 doté d’un budget de 160 millions d’euros.

Une volonté politique

La dimension économique explique en partie ce choix de migrer vers des solutions open source, même si « libre ne signifie pas systématiquement gratuit », rappelle un porte-parole du service de presse. Les solutions libres permettraient notamment à la ville de Paris de diversifier ses fournisseurs afin « d’accéder au meilleur service au meilleur prix ». Mais le choix est également politique. En faisant le choix de l’open source, Paris « entend être plus réactive dans ses rapports internes comme dans les services rendus aux parisiens ». Notamment en facilitant le développement des 600 applications spécifiques à la ville. Actuellement doté de 17 000 postes de bureautique (contre 12 000 en 2001), le parc informatique de la municipalité devrait évoluer vers les 20 000 d’ici 2007. Le maire Bertrand Delanoë devrait s’exprimer rapidement sur le sujet.

[source – vnunet.fr] Christophe Lagane