La fréquentation de la plate-forme de peer-to-peer régresse. En cause, la qualité du système au moins autant que les poursuites de l’industrie du disque.
C’est l’industrie du disque qui l’affirmait la semaine dernière, pour appuyer sa décision de poursuivre les utilisateurs de réseaux peer-to-peer : quand on attaque les internautes, la fréquentation des plates-formes utilisées chute. Ainsi, le nombre d’utilisateurs de Kazaa aurait baissé de 41 % entre juin 2003 et juin 2004. C’est-à-dire après les premiers avertissements lancés par l’industrie du disque américaine.
La Fédération internationale de l’industrie phonographique (Ifpi) mais aussi plusieurs sociétés américaines spécialisées dans l’analyse des réseaux, comme CacheLogic et BayTSP, ont également noté ce recul de la plate-forme d’échange de fichiers la plus utilisée.
Selon CacheLogic, le trafic sur Kazaa qui représentait 46 % du trafic total en janvier, devant Gnutella, eDonkey et BitTorrent, est tombé à 19 % en juin. Pour l’Ifpi, le début de cette régression date d’avril 2003. Entre cette date et janvier 2004, le nombre de fichiers disponibles sur Kazaa est passé de 900 millions à 600 millions.
Une désaffection qui profite à BitTorrent
Mais CacheLogic rappelle aussi, et l’industrie française du disque le disait elle-même, qu’il fallait tenir compte en grande partie du report des utilisateurs de Kazaa vers d’autres systèmes plutôt que de croire en une perte sèche. Entre janvier et juin de cette année, BitTorrent a, selon CacheLogic, doublé son trafic, de 26 % du total à 53 %. Les actions judiciaires n’expliquent donc pas tout.
« De façon intrinsèque, Kazaa est une véritable usine à gaz, remplie de publicités et autres spywares, quand les réseaux alternatifs comme BitTorrent ou eDonkey en sont totalement dépourvus », explique Guillaume Champeau, responsable du site Ratiatum consacré au peer-to-peer. De plus, BitTorrent est réputé plus efficace pour le téléchargement de films, une pratique de plus en plus accessible à l’internaute avec l’élargissement des débits par les fournisseurs d’accès.
Quant à eMule, il donne la possibilité aux internautes d’associer des commentaires aux fichiers qu’ils ont téléchargés (et qui sont donc à disposition). Un moyen de prévenir les autres que tel ou tel fichier est un leurre, mal compressé ou tronqué, comme en envoient les industries culturelles.
[source – 01net.com] Arnaud Devillard
