L’action Google au-delà de 100 dollars très vite après son entrée au Nasdaq

L’action du moteur de recherche américain Google évoluait au-dessus du niveau des 100 dollars une demi-heure après son entrée sur le marché boursier électronique du Nasdaq, jeudi vers 16H00 GMT.

Vers 16H30 GMT, l’action Google bondissait de près de 19% à 100,91 dollars dans un marché en légère baisse.

En quelques minutes, le bond de l’action entrée au prix de 85 dollars renchérissait de quelque 4 milliard de dollars la valorisation de Google, initialement autour de 23 milliards.

L’entrée en Bourse de Google est la plus attendue de l’année aux Etats-Unis.

En termes de capitalisation, le groupe né en 1998 et rentable depuis 2001 devient ainsi le numéro trois du secteur américain de l’internet après le portail Yahoo! et le site de vente aux enchères en ligne eBay.

Selon Scott Kessler, de l’agence de notation Standard and Poor’s, les investisseurs disposaient à l’entrée de Google sur le marché d' »un rabais de 30% suggérant de bonnes opportunités pour les acheteurs ».

M. Kessler comparait les 85 dollars au départ à la valeur médiane de la fourchette de prix initialement visée pour l’offre publique (108-135 USD).

« La réponse (du marché) a été un peu meilleure que prévu », a souligné de son côté Larry Wachtel, stratège boursier à Wachovia Securities.

Selon lui, Google a finalement établi le bon prix d’entrée pour son titre.

« Ils l’ont abaissé à un niveau où l’action était raisonnable et il a donc été convoité par des professionnels comme par le public en général qui aime ça aussi », a ajouté M. Wachtel.

Le moteur de recherche avait annoncé mercredi soir qu’au terme de son allocation de titres aux enchères le prix d’entrée était fixé à 85 dollars, offrant la perspective de lever 1,67 milliard de dollars en Bourse soit moitié moins que ses plus hautes ambitions de fin juillet (3,47 milliard USD).

L’annonce du prix d’entrée après le feu vert des autorités boursières était le dernier préalable aux premiers échanges sur le Nasdaq. Ceux-ci sont intervenus deux heures et demie après l’ouverture de la séance officielle.

Comme le PDG Eric Schmidt, les jeunes fondateurs Larry Page et Sergey Brin ont mis en vente seulement 50% des parts qu’ils prévoyaient initialement d’offrir.

A 85 dollars pièce, les quelque 480.000 parts que Page et Brin ont chacun cédées leur rapportent environ 41 millions de dollars. Fin juillet, avant le début des enchères, ils se voyaient encore empocher 130 millions chacun en vendant deux fois plus de titres à 135 dollars.

Les parts offertes n’étant toutefois qu’une infime proportion de ce qu’ils possèdent, sur le papier, les deux trentenaires officiellement célibataires sont devenus milliardaires avec la transaction. Certaines déceptions sont à relativiser.

Malgré cette entrée en Bourse moins fracassante que prévu, Google devait devenir jeudi le troisième plus grand groupe américain de l’internet après Yahoo! et eBay.

Avec une capitalisation boursière estimée à 23 milliards de dollars, la firme de Mountain View (Californie) dépasse d’autres grands noms comme Amazon.com et le groupe de commerce en ligne InterActiveCorp, affichant chacun quelque 16 milliards de dollars.

Sa valorisation permet à Google de talonner le géant General Motors, numéro un mondial de l’automobile (23,4 milliards).

« C’est une bonne chose pour le groupe d’avoir réussi à boucler son offre au public étant donné toutes les difficultés actuelles », soulignait aussi Scott Kessler.

Le contexte défavorable à la Bourse américaine, plus particulièrement pour la technologie, a déjà entraîné plus de vingt annulations d’introductions sur le seul mois d’août. Sur le Nasdaq, l’action Yahoo! a perdu quelque 18% de sa valeur en l’espace de six semaines.

« Le marché des introductions en Bourse est tellement lent en ce moment qu’il est difficile de dire si c’est le modèle d’enchères ou juste ce marché des offres publiques », qui est à l’origine de la transaction au rabais obtenue par Google, a indiqué Jon Sandelman, de Banc of America Securities, cité jeudi par le Wall Street journal.

[source – yahoo.com] (AFP)