Les fournisseurs d’accès à Internet préparent leur rentrée, traditionnellement très musclée. Mais de quoi seront-ils capables cette année?
Dernière rumeur en date, AOL devrait annoncer, lundi prochain, un nouveau forfait très haut débit à un tarif qui risque d’en faire pâlir plus d’un.
Si l’information se confirme, la récente nomination du nouveau PDG, Carlo d’Asaro Biondo, tendrait à confirmer un retour stratégique vers des offres haut débit plus concurrentielles que par le passé.
Ainsi s’égrènent, en plein cœur de l’été, les annonces des fournisseurs d’accès (FAI) jusqu’alors partagés entre le conflit qui les opposait à l’industrie du disque et l’enrichissement de leurs portail, tant dans les offres de musique en ligne que l’aboutissement de nouveaux services comme le développement photo, les blogs ou le Wi-Fi.
Incontournable France Télécom
Difficile donc, de dresser le tableau complet des offres de la rentrée.
D’autant que les FAI nous ont habitué à changer leur fusil d’épaule quasiment du jour au lendemain, répondant coup par coup à leur concurrent, et à ménager leurs surprises a fortiori avant la période cruciale de la rentrée, ou tout est toujours possible.
Après quasiment trois années consécutives d’annonces retentissantes, Free parviendra-t-il, cette année, à nous étonner?
Après l’ADSL à moins de 30 euros, la téléphonie gratuite, la télévision en ligne et une montée en charge régulière de ses débits, Free devrait se concentrer sur le dégroupage total pour conserver tenter de ravir la première place.
Tout comme Neuf Télécom qui reconnaît être dépassé par la demande de lignes à dégrouper et se concentre maintenant sur la mise en place d’une procédure automatisée de traitement des demandes.
Pour l’heure, les échanges avec l’incontournable France Télécom s’effectuent à coup de fax notamment. Du coup, les retards s’accumulent et ne seront résorbés qu’avec l’industrialisation de la procédure.
Tiscali prévoit également d’aborder le dégroupage total et de lancer ses services de vidéo à la demande qui viendront compléter sa récente offre de téléphonie sur IP.
Il reste à vérifier que les récents déboires internationaux de l’opérateur ne viendront pas contrecarrer ses projets nationaux.
Endetté à auteur de 250 millions d’euros, le groupe Tiscali cède ses activités au Danemark, en Espagne, en Autriche et en République tchèque et se désengage de Norvège, de Suisse, de Suède et d’Afrique du sud, selon l’AFP, pour se concentrer sur la France, le Royaume Uni, le Benelux et l’Allemagne.
Exploitant de son propre réseau téléphonique, Cegetel devrait également avancer ses pions sur le dégroupage total même si le fournisseur d’accès tardivement arrivé sur le marché ne cache pas ses appréhensions dans le domaine.
L’opérateur souhaite d’abord passer par une phase de simplification des service en réunissant sur une facture unique les coûts de ses prestations avec l’abonnement de France Télécom.
L’opérateur historique, qui s’apprête à absorber sa filiale Internet, devrait lui faire bénéficier de la récente baisse tarifaire des prix de gros histoire d’endiguer l’érosion de ses parts de marché.
Des rumeurs soulignent cependant que les nouveaux tarifs ne seront pas appliqués automatiquement, contrairement à la politique pratiquée par Wanadoo ces derniers mois. A suivre.
Incertitudes
Les incertitudes demeurent pour Tele2 et Club-Internet. Arrivé il y a à peine plus d’un an sur le haut débit, l’opérateur de téléphonie a joué la carte des prix pour s’imposer rapidement sur le marché. Au point d’être l’un des moins chers.
Une politique qui se heurte aujourd’hui aux prix plancher établis, réduisant d’autant sa marge de manœuvre tarifaire.
Le FAI va-t-il augmenter ses débits pour confirmer son attractivité?
De son côté, Club-Internet peut encore jouer la carte tarifaire en rognant ses marges. Ou s’orienter vers des débits toujours plus élevés. Il reste à savoir si la société en a les moyens. Des rumeurs de revente de l’activité circulent cycliquement.
Le tout sur fonds de redéfinition du cadre législatif suite à la transposition de différentes directives européennes.
Si, d’un côté, la loi « communications électroniques et aux services de communication audiovisuelle » renforcent les pouvoirs du régulateur vis-à-vis de l’opérateur dominant afin de favoriser une libre concurrence, de l’autre la « loi pour la confiance dans l’économie numérique » autorise les collectivités locale à ouvrir leur propre réseau d’accès Internet.
Autant de petits France Télécom en perspective qui risquent de concurrencer les opérateurs nationaux.
Ceux-ci ne s’y sont pas trompés.
France Télécom a lancé sa « charte des départements innovant » où il se place comme le partenaire privilégié des collectivités (voir notamment édition du 29 juillet 2004).
En tant qu’opérateur, Neuf Télécom s’engage également auprès des FAI locaux, notamment dans le Tarn où il dessert ISM Networks.
Un environnement de plus en plus concurrentiel qui laisse de moins en moins de place aux acteurs dont l’activité se limite à la seule fourniture d’un accès Internet.
[source – vnunet.fr]
