L’iTunes Music Store sous le feu des critiques

Pour lancer son iTunes Music Store en Europe, Apple n’a pas lésiné sur la couverture médiatique. Au risque s’attirer les foudres des médias et des utilisateurs.

Trois jours après le lancement de l’iTunes Music Store européen, le bilan s’avère plus que mitigé ! La plupart des médias qui ont couvert le lancement se sont plus fait l’écho des problèmes rencontrés que de l’innovation apportée. Les critiques ont fusé, côté labels indépendants d’abord. Les indies, comme ils sont appelés en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, ont opéré une véritable levée de bouclier dès le 14 juin, alors qu’Apple n’avait pas encore lancé son échoppe virtuelle. Cette réaction compréhensible paraît cependant déplacée : l’iTunes Music Store n’existe que depuis un an et reste un moyen de distribution en devenir. Eu regard au faible nombre de titres que le service proposait voilà un an et à l’absence des indépendants lors du lancement initial, l’iTunes Music Store européen apparaît bien plus peaufiné, même si Apple n’a pas pu signer des accords avec tous les professionnels de l’industrie musicale. En France en tout cas, les différentes sociétés chargées de la gestion des droits d’utilisation, de reproduction et d’utilisation d’œuvres musicales, documentaires, graphiques et plastiques (la Sacem, la Sesam et la SRD) ont signé un contrat de trois ans avec Apple. Un accord qui montre une volonté d’offrir une large distribution des œuvres musicales françaises. Du coup, la grogne entendue au lancement de l’iTunes Music Store pose de sérieuses questions quant à ses réelles finalités, à l’heure où les négociations ne font que commencer.

700 000 titres par pays

Mais les reproches faits à Apple ne se limitent pas à cela : le contenu de l’iTunes Music Store a lui aussi été remis en question. Des analystes anglais supputaient mardi 15 juin que le nombre réel de chansons était de 700 000 pour les trois magasins européens combinés. « Ce qui ne porte qu’à 300 ou 400 000 le nombre de titres réellement disponibles par magasin », laissait entendre un analyste de Jupiter Research sur le site Macobserver. Une estimation plus que biaisée : « Chaque magasin européen disposera de plus de 700 00 chansons. La moitié du catalogue est composée de titres disponibles sur la partie américaine de l’iTunes Music Store et pour lesquels les droits ont été négociés pour l’Europe. L’autre partie est composée de titres propres au marché servi », nous a confirmé Rob Schoeben, le vice-président du marketing des applications d’Apple, jeudi 17 juin 2004. Notons que, depuis, l’article de MacObserver a été retiré du site. Le nombre total de 700 000 titres disponibles ne sera toutefois atteint que dans le courant de la semaine à venir. « Il nous faut le temps de charger les serveurs Xserve que nous utilisons », nous a précisé François Rondeau, le responsable des ventes produit de la firme pour la France. Le nombre de morceaux devrait augmenter tous les mardis.

D’autres critiques plus anecdotiques se sont également fait entendre comme le prix des morceaux, jugé trop élevé. Il est vrai qu’on pouvait attendre des prix plus bas que 99 centimes le titre, notamment pour les vieux morceaux. Globalement, l’iTunes Music Store ne propose pas les tarifs les moins élevés, même si on trouve des prix inférieurs à 8 ou 9 euros l’album, comme pour deux des albums de Leonard Cohen. Dans le cas de certains albums tarifés à 9,99 euros, le prix par morceau descend particulièrement bas. Pour The Ultimate Collection de Nat King Cole, on obtient un prix de 45 centimes d’euros par piste, soit moins de la moitié du tarif officiel de l’iTunes Music Store. L’échoppe virtuelle d’Apple étant un outil en devenir, il convient de relativiser les premières critiques formulées. Le service d’Apple ouvre au moment où de nombreux acteurs se préparent à le concurrencer. C’est à l’aune de la formule qu’ils auront retenue qu’il conviendra de juger le service d’Apple en Europe.

[source – vnunet.fr] Marc Geoffroy