Des adresses mails jetables pour lutter contre les pourriels

Pour faire face à l’avalanche de spams, la société française KasMail propose un service gratuit de boîtes aux lettres électroniques temporaires. L’idée n’est pas nouvelle, mais elle est ici exploitée de manière plus sophistiquée.

Fléau des communications électroniques, au point de représenter selon IDC près d’un courrier reçu sur trois par les particuliers et les entreprises, le spam suscite des parades plus ou moins ingénieuses. Dernière en date, celle prônée par KasMail.

« Nous avons remarqué qu’un grand nombre d’internautes dispose de deux adresses électroniques, la première qu’ils communiquent aux personnes de confiance et la deuxième, l’adresse « poubelle », destinée aux inscriptions sur des sites Web, aux messages sur des forums. Ils utilisent cette dernière un moment puis en changent s’ils reçoivent trop de spams », fait remarquer Alix Franquet, responsable de la communication de KasMail , société française fondée début 2004 par Frédéric Ciréra, ancien créateur de Mygale et d’Ulimit.

Une redirection automatique vers la messagerie habituelle de l’internaute

Depuis le 28 avril, KasMail propose donc aux particuliers un service gratuit d’adresse jetable pour barrer la route aux messages commerciaux non sollicités. L’idée n’est pas nouvelle – outre les services de filtrage, on se souvient notamment de l’expérience avortée de jetable.org – mais KasMail affirme proposer une solution plus sophistiquée : remplacer l’adresse poubelle par plusieurs adresses temporaires, ou adresses jetables. Les messages sont filtrés par KasMail et renvoyés automatiquement vers la boîte électronique habituelle de l’internaute.

En pratique, l’internaute s’inscrit sur le site de KasMail et choisit les caractéristiques de chaque adresse. Deux types d’adresses sont disponibles : des adresses à durée de vie limitée – une semaine à six mois, le temps d’un jeu-concours par exemple – et des adresses « sans date de péremption ». « A tout moment, l’utilisateur peut faire expirer l’adresse de son choix. Les messages envoyés à l’adresse sont refusés par KasMail et n’arrivent donc pas dans la boîte aux lettres personnelle de l’internaute », précise Alix Franquet.

Pour gérer l’ensemble, l’internaute dispose du journal KasMail qui sert à visualiser l’activité de son compte : création d’adresse, expiration, suspension et réactivation d’adresses jetables, messages reçus et bloqués. Il a également à disposition un compteur du nombre de messages reçus. L’utilisateur peut aussi envoyer des courriels à partir d’une adresse jetable en configurant son logiciel de messagerie.

Gratuit pour les particuliers, payant pour les entreprises
Le service étant gratuit, comment KasMail se rémunère-t-il ? En vendant son fichier client ? « Bien sûr que non, répond Alix Franquet. Nous n’allons pas revendre le fichier client pour que les internautes soient spamés. Notre objectif n’est pas de gagner de l’argent avec ce service aux particuliers mais de constituer une base de spams exploitable pour le service entreprise . »

KasMail propose en effet en parallèle une offre sur mesure payante destinée à filtrer spams et virus des messageries des entreprises en amont de leur serveur. « Nous offrons un système assez sophistiqué de plusieurs filtres qui nous permet de retenir plus de 99 % des spams », précise Alix Franquet.

Encore en phase de lancement, KasMail compte communiquer sur ce service dans quelques semaines.

[source – 01net.com] Yannick Arrieux