L’arrivée du Xserve G5 lance la course aux clusters

La disponibilité du Xserve G5 et la mise en ligne d’une deuxième version bêta de Xgrid marquent le départ d’une course aux grappes de calculs. Public, privé, France, Etats-Unis, Allemagne : les projets les plus fous sortent des cartons.

Il est enfin livré, le Xserve G5 monoprocesseur, serveur 1U commercialisé depuis janvier dernier et dont Apple avait prévu la disponibilité pour février. Finalement, c’est avec le printemps que les Xserve G5 vont commencer à fleurir ! Les modèles biprocesseurs ne seront toutefois envoyés à leurs clients que le mois prochain. Compte tenu de ses vastes possibilités et de sa simplicité d’utilisation, la machine était attendue par une très large gamme d’utilisateurs et pour des tâches diverses, de l’administration de serveurs d’applications aux serveurs Web, en passant par les annuaires LDAP et en bout de chaîne, les machines hautement parallélisées.

Saturer le marché

Apple propose d’ailleurs une solution prête à l’emploi sur une niche de marché où elle se distingue tout particulièrement, les clusters pour groupe de travail en bioinformatique. La Pomme tente actuellement de saturer ce marché avec ses produits, en raison des excellentes performances obtenues sur le logiciel BLAST. La Pomme dispose d’une offre de petit cluster intégré comprenant un Xserve G5, jusqu’à 15 Xserve cluster nodes, un kit de pièces détachées, le système d’exploitation Mac OS X Server, une gamme de 200 logiciels spécifiques au domaine de la bioinformatique, un commutateur Gigabit Ethernet et une alimentation « ininterruptible » APC. Mais tous les secteurs de la recherche nécessitant des calculs et tout particulièrement des fonctions vectorielles s’intéressent à l’offre d’Apple. Aux Etats-Unis, outre Virginia Tech, la firme a décroché quelques beaux contrats de clusters, comme l’Université de Princeton ou même l’Université d’Alaska FairBanks qui dispose d’un cluster de 32 processeurs. En Allemagne et en France, les projets de clusters fonctionnant sur des machines d’Apple ne manquent pas, à l’image de celui de l’Inserm à Nantes. Apple propose aussi depuis hier la seconde version d’évaluation de sa technologie de grilles de calculs, xGrid. Celle-ci permet de faire appel à la puissance de calcul distribuée sur toutes les machines d’un même réseau.

Et l’intérêt suscité par la firme devrait se concrétiser encore sous peu : le lancement de différents appels d’offres pour des clusters de calculs universitaires dans différents pays européens commence à porter ses fruits. Ceci en raison notamment de l’engouement pour le PowerPC 970 (le G5 dans la terminologie d’Apple). Le gouvernement espagnol a ainsi fait le choix d’un cluster IBM basé sur ce processeur, livrable d’ici à l’année prochaine, pour son centre de calcul national. L’utilisation du PowerPC 970 est également retenue par l’Université de Hamburg pour ses travaux en astronomie, mais aussi par quelques centres de recherche français équivalents. L’adoption de grappes de Xserve devrait encore s’accélérer. A l’heure où les premières machines atteignent leurs clients, Apple peut se targuer su attirer l’attention sur ses machines. Mais la firme pourra-telle fournir si la demande est trop forte ? Dans ce domaine, il lui reste encore beaucoup à prouver.

Les Xserve dégagent plus de hautes performances que le PowerMac G5
Le Xserve G5 développe jusqu’à 30 Gigaflops de puissance de calculs sur 2 processeurs cadencés à 2 GHz. Le Xserve est crédité d’une puissance de calcul 60 % supérieure à celle de la génération précédente et 43 % plus importante que celle du PowerMac G5 ! Quelques modifications importantes ont été intégrées dans la machine : le contrôleur gère jusqu’à 8 Go de mémoire vive PC3200 ECC (à correction d’erreur), quand la capacité des volumes passe de 720 à 750 Go. Le Xserve comprend aussi deux ports Gigabit Ethernet, deux ports PCI-X à 133 MHz développant jusqu’à 1 Gbps de bande passante ainsi qu’une multitude de connecteurs (FireWire, USB 2.0, RS232/DB9). Apple propose à son catalogue 2 modèles de Xserve G5 : le modèle de base à 1 ou 2 processeurs, et la version « cluster node », spécialement conçue pour les grappes de calcul, disposant de 2 processeurs.

[source – vnunet.fr] Marc Geoffroy