Orange lancera au printemps des coffrets permettant de se guider par GPS avec son téléphone mobile. L’abonnement au service coûtera environ 15 euros par mois.
Après avoir conquis les assistants personnels, le guidage par GPS ( Global Positionning System ) trouve aujourd’hui le chemin des téléphones mobiles.
La filiale de France Télécom a choisi le salon 3GSM World Congress de Cannes, pour détailler sa future offre, qui fait d’elle un des tous premiers opérateurs de mobiles européens à proposer un tel service, après T-Mobile et O2 en Allemagne. Orange veut amener au GPS des populations d’utilisateurs plus vastes que les seuls détenteurs de PC de poche ou d’assistants personnels.
L’offre sera commercialisée par l’opérateur, en principe au mois d’avril prochain. Pour l’instant, seuls les détenteurs des smartphones Nokia 3650 et 6600 ou des trois SPV lancés par Orange, pourront souscrire à ce service pour l’instant. « D’autres modèles devraient s’ajouter d’ici quelques mois », assure Alexandre Nepveu, responsable projets automobiles chez Orange France. « D’ici deux ans, 40 % des téléphones vendus seront des smartphones », ajoute Jonathan Klinger, vice-président marketing de Webraska, partenaire d’Orange dans cette offre.
Les packs comprendront un module de réception GPS fourni par Holux, une carte mémoire pour installer l’application Smartzone Navigation de Webraska et des accessoires de fixation pour voiture. Le coffret permettant au téléphone et au module GPS de dialoguer par Bluetooth coûtera 499 euros. Le coffret filaire sera vendu 100 euros de moins.
La première année, les clients pourront demander autant de trajets et d’itinéraires que souhaité, sans payer d’abonnement. Seule limite : les cartes téléchargées par GPRS seront débitées du forfait Orange World. « Tout dépend de la complexité de la carte téléchargée, explique Alexandre Nepveu. Un kilomètre de carte équivaut à environ 1 kilo-octet. Mais s’il ya beaucoup d’autoroute, cela baisse fortement. Ainsi, la carte d’un trajet Paris-Marseille pèsera environ 200 ko, pour environ 800 kilomètres ».
Les cartes de toute l’Union européenne
La deuxième année, l’abonnement au service sera de 15 euros mensuels, en plus de la consommation du forfait de données GPRS. « Pour ce prix, nous proposons les cartes de toute l’Union européenne, argumente Alexandre Nepveu. Dans un système GPS que l’on trouve dans les voitures, la carte d’un seul pays coûte environ 150 euros ».
Alexandre Nepveu explique l’arrivée aussi tardive du GPS sur téléphone mobile par le fait qu’il fallait « attendre l’arrivée de téléphones dotés d’un système d’exploitation tels que Symbian ou Microsoft, d’une fonction haut parleur, d’une mémoire suffisante et d’un emplacement de carte mémoire ». Orange a en effet retenu les deux OS, ce qui n’est pas le cas de bConnect, une filiale de Fiat. Lors du 3GSM, ce prestataire a dévoilé – en coopération avec Telmap – une offre similaire de navigation GPS sur mobile, mais qui ne fonctionnera, au démarrage, qu’avec le Sony Ericsson P900 sous Symbian.
Quant au GPRS, évolution du réseau GSM qui en améliore les débits de données, il s’avère indispensable pour ce type de service. « Le GSM data pourrait à la limite convenir, mais le temps d’attente lors du téléchargement d’une carte serait rebutant pour le client », justifie Jonathan Klinger. Le GPS sur mobile devrait, dans cette logique, profiter pleinement de l’arrivée de l’UMTS. D’autant que les futurs téléphones intégreront leurs propres modules GPS, à l’instar du Nec e616 dévoilé au 3GSM de Cannes.
Un service simple à installer
Le système de navigation, qui pèse environ 1 Mo, s’installe sur le téléphone via une carte mémoire. Pour demander un itinéraire, l’utilisateur entre les adresses de départ et de destination, en utilisant s’il le veut son carnet d’adresses personnel.
Le mobile se connecte alors au serveur Webraska, qui calcule l’itinéraire en déterminant un « corridor de navigation », c’est-à-dire un ensemble de cartes autour du trajet demandé (un trajet téléchargé ne peut pas être sauvegardé sur le téléphone). Le serveur s’appuie sur une carte Navtech, qu’il enrichit de détails suivant que le mode « voiture » ou « piéton » est choisi (sens interdits, etc.). Les informations de trafic fournies par Médiamobile s’ajoutent également à la carte. Le mobile télécharge ensuite la carte, et la navigation peut démarrer avant même la fin du téléchargement. L’utilisateur est alors guidé par le haut-parleur de son téléphone. Tant qu’il reste dans le couloir de navigation téléchargé, l’utilisateur n’a plus de manipulation à effectuer. S’il en sort, il doit demander manuellement une mise à jour… sous réserve de se trouver toujours dans une zone GPRS de l’opérateur Orange, ou dans celle d’un opérateur européen avec qui il a signé un accord d’itinérance.
[source – 01net.com] Guillaume Deleurence
