ADSL : les FAI aménagent et Tiscali enrage

L’avis émis par l’ART sur les tarifs ADSL de France Télécom (IP/ADSL et Collecte IP/ADSL) qui correspondent à l’option 5 va entrainer des bouleversements sur l’ensemble des offres des FAI.

Wanadoo est directement concerné par l’évolution tarifaire concernant l’offre de gros de FT aux fournisseurs d’accès Internet. Le FAI de France Telecom ayant immédiatement planté le décor avec la baisse de ses tarifs ADSL, ses challengers – low-cost ou acteurs plus traditionnels du secteur -, vont devoir se repositionner rapidement.

Curieusement, ce sont les acteurs FAI ayant choisi de parier sur le dégroupage (option 1) qui ont réagi en premier. 9 Télécom, filiale grand public de l’opérateur LDCom, baisse le prix de ses offres d’accès haut débit : l’offre 512 Kbits/s passe de 23 euros TTC à 19,90 euros TTC et sa formule à 1.024 Kbits/s suit le mouvement (de 27 euros TTC par mois à 24,90 euros). 9 Télécom est le seul acteur FAI grand public à pousser le très haut débit à 2 Mbit/s avec une offre qui passe de 39 euros TTC à 34,90 euros TTC.

Ces nouveaux tarif, « qui ne sont pas promotionnels » selon 9 Télécom, seront applicables à partir de lundi pour les nouveaux clients. Côté consommateur, il est vivement recommandé de lire à la loupe les conditions générales de vente de ses offres d’accès, et de vérifier si la zone dans laquelle se trouve la ligne téléphonique est éligible à l’ADSL puis au dégroupage.

Autre acteur fortement impliqué dans le dégroupage, Free double le débit proposé (de 512 kbits/s à 1.024 kbits/s) pour le même prix : 29,99 euros TTC par mois. Et ce, pour toute les territoires ADSL en France (dégroupés ou non). Il subsiste toutefois des différences de débit entre la réception et l’émission en fonction des zones dégroupées.

Du côté des acteurs plus traditionnels, AOL France a indiqué qu’il ferait des annonces sur ce sujet ultérieurement. Un porte-parole du FAI a déclaré que de nouvelles offres seront lancées prochainement en présentant des « baisses significatives », mais sans préciser les modalités. Club-Internet, qui s’est associé à LDCom pour développer des offres dégroupées en option 1, n’a pas réagi officiellement sur la nouvelle donne.

La réaction la virulente vient de Tiscali. Pour Rafi Kouyoumdjian, son PDG, ce nouvel épisode est une véritable secousse. Après l’avis émis par l’ART sur les tarifs ADSL de France Télécom (IP/ADSL et Collecte IP/ADSL) puis son homologation ministérielle, le PDG de Tiscali France estime que France Télécom « obtient ce qu’il veut » de la part des autorités de tutelle (ART et le ministre délégué à l’industrie). En parallèle, il dénonce le phénomène de « dépéréquation » en évoquant la différence des conditions de tarification relatives aux offres de gros ADSL entre les grands répartiteurs (supérieur à 20.000 lignes, pour l’accès Internet des villes) et ceux de moindre taille (inférieur à 20.000 lignes, pour accès Internet en zone rurale). « C’est une première en Europe pour un opérateur dominant », s’insurge Rafi Kouyoumdjian.

Plus grave encore à ses yeux : le PDG de Tiscali estime qu’aucune marge de manoeuvre économique n’est laissée à l’option 3, qui est stratégique pour le développement de Tiscali France. Il retient notamment la partie concernant « l’impact des évolutions proposées sur l’option 3 » figurant dans l’avis de l’ART : « les évolutions concomitantes des offres amènent à s’interroger sur l’espace économique entre l’option 3 et l’option 5 », peut-on lire dans ce document. « Cette situation nous amène à étudier toutes les options de recours possibles », annonce déjà Rafi Koujoumdjian.

[source – journaldunet.com] Philippe Guerrier