Téléchargement musical : Mercora remixe Napster et Frienster

Comment lancer un nouveau site de téléchargement musical légal, rémunérateur et qui se différencie de la quinzaine de concurrents déjà en place ou à venir sur le marché ?

Srivats Sampath, l’ex-directeur général de l’éditeur d’anti-virus McAfee, a trouvé la formule : en revenant vers ce qui a fait le succès du téléchargement pirate, le peer-to-peer, S’en tenir là serait un peu court. Ce que veut faire Sampath, c’est exploiter le potentiel communautaire et viral du P2P, en lui incorporant le modèle payant des plates-formes de téléchargement comme iTunes. L’ouverture de ce service, baptisé Mercora, est prévue pour début novembre en version beta.

« Nous voulons construire une infrastructure fiable, qui fasse se rejoindre les labels, les artistes et les utilisateurs », a déclaré Srivats Sampath lors d’un salon professionnel consacré aux technologies numériques dans l’industrie du divertissement. La fiabilité en question sera assurée par un système de protection anti-copie signé Microsoft. Quant au rassemblement fraternel des internautes, des maisons des disques et des artistes, il est censé découler de la fusion entre des fonctionnalités P2P d’ échange d’informations et un modèle de revenus souple, piloté par les propriétaires des droits.

L’intérêt du système Mercora, pour les utilisateurs, est de bâtir des communautés d’intérêt autour de leurs goûts musicaux, pour ensuite s’échanger des informations et des recommandations sur les meilleurs contenus à acheter sur le site. Les recommandations viendront également du site lui-même : selon le groupe d’appartenance de l’utilisateur, Mercora lui proposera d’acquérir tel ou tel titre, en fonction de ce que le reste de sa communauté a récemment téléchargé. Seuls les téléchargements effectués par les internautes qui auront donné leur accord seront visibles par la communauté.

L’idée est séduisante, car elle apporte une valeur ajoutée aux consommateurs, qui n’existe pas dans les services existants. Pour les maisons de disque, qui sont actuellement en cours de négociation avec Sampath, le concept de Mercora est tout aussi attractif : le prix des titres, même s’il devrait généralement s’aligner sur les 0,99 dollar de iTunes ou Musicmatch, pourra être fixé librement par les labels. Si ceux-ci souhaitent promouvoir des titres ou des artistes en les diffusant gratuitement, les internautes pourront s’échanger directement les extraits ou les morceaux entiers. On voit tout de suite l’intérêt en terme de marketing. Pour les morceaux payants, en revanche, impossible de s’échanger les fichiers, même si une fois payés, le téléchargement pourra se faire en P2P pour économiser la bande passante du serveur central.

D’autres fonctionnalités, comme la possibilité pour les internautes de vendre des CD d’occasion ou des billets de concert, sont également prévues. Les fichiers seront encodés au format WMA de Microsoft, mais d’autres formats sécurisés (développés par RealNetworks, Philips et Sony) devraient être ajoutés au fur et à mesure.

Le modèles de revenus élaboré par Mercora consistera à prélever une commission sur la vente des téléchargements, et à vendre les données de marché récupérées en analysant les habitudes des internautes.

Avant de fonder Mercora, sans faire appel à aucun investisseur, Srivats Sampath a dirigé McAfee, qu’il a revendu début 2002 à Network Associates. Auparavant, il avait occupé le poste de vice-président marketing chez Netscape, et avait également travaillé pour Intel.

[source – journaldunet.com]