Décidément, les mois de juillet et d’août auront été des plus agités dans le monde de l’Open Source, entre les multiples rebonds de l’explosive affaire SCO, le rachat de Ximian par Novell, l’alliance SuSE/Sun et quelques gros contrats.
Le plus notable de ces événements est très certainement l’affaire SCO qui peut menacer, si elle vient à tourner en faveur de l’éditeur, l’ensemble des acteurs du libre et leurs clients.
Mais peut-être faut-il également voir dans cette saga qui ne fait que commencer la preuve que la technologie et le modèle Open Source sont en train de s’affirmer et de relever, un à un, les défis propres à tout secteur émergent. Des défis qui les mèneront certainement vers toujours plus de reconnaissance et d’acceptation par les entreprises s’ils sont relevés.
Un modèle de plus en plus intégré
Il suffit pour s’en convaincre de regarder à quelle vitesse des acteurs technologiques de tout premier plan s’empressent de conclure des alliances, des rapprochements – voire des rachats – auprès de spécialistes du libre. Sun a par exemple annoncé début août – lors du salon LinuxWorld de San Francisco – qu’un partenariat nouvellement établi avec SuSE lui permettrait désormais d’équiper sa future gamme de PC d’entrée de gamme (nom de code « Mad Hatter ») avec l’OS Linux Enterprise Server 8 de l’éditeur allemand. Sun possède déjà, rappelons-le, un partenariat avec Red Hat pour équiper ses serveurs x86.
Dans le même temps, IBM et SuSE ont obtenu une certification du gouvernement américain au niveau sécurité, ce qui leur permet de s’attaquer à des marchés comme ceux du Pentagone.
Par ailleurs, les principaux concurrents de Sun suivent actuellement la même tendance. Le rachat de l’éditeur Open Source Ximian par Novell durant l’été témoigne également de ce mouvement de fond. Linux fait donc désormais partie intégrante du paysage technologique de ses principaux revendeurs, distributeurs et partisans, reste pour ces derniers à diffuser l’OS au plus grand nombre.
D’autres procès retentissants surgiront
Cela étant, il reste à Linux et à sa communauté encore du chemin à parcourir et les procès retentissants ne manqueront pas de se multiplier dans les années à venir. Le principe même des licences Open Source (GPL, BSD…) ne laisse que peu de place aux revendications de paternité de code mais, comme le montre l’affaire SCO, certains acteurs seront peut-être tentés – et sur d’autres terrains – de mener des actions juridiques de ce type.
Les contre-attaques juridiques appuyées de Red Hat et d’IBM contre SCO, pendant l’été, ont contribué à donner plus de poids à cette affaire, que nombre d’analystes ne prenaient pas vraiment au sérieux jusqu’à présent, jugeant les revendications de SCO infondées. Les actions en justice d’IBM et de Red Hat sont très largement étayées avec des faits concrets (violation de brevets pour IBM et pratiques anti-concurrentielles pour Red Hat), ce qui fait apparaître cette affaire sous un autre autre jour et donne une idée de l’ampleur qu’elle a prise au sein de cette industrie.
Ces actions permettent également à la communauté de se regrouper autour d’une cause commune et de prendre des initiatives originales destinées à assurer sa pérennité (création d’un fonds de soutien d’un million de dollars par Red Hat, par exemple).
[source – journaldunet.com] Fabrice Deblock,
