Une réunion organisée vendredi au ministère des Finances a fait le constat que la rémunération de l’épargne réglementée (Livret A et Bleu, Codevi, LEP, etc.) « pose problème » et doit être abaissée, mais aucune décision n’a été arrêtée, a-t-on indiqué au ministère.
Il est ressorti de cette séance de travail organisée à la direction du Trésor un « constat partagé par tous que depuis la récente baisse du taux de la Banque centrale européenne (de 50 points de bas à 2% début juin, ndlr), la rémunération de l’épargne en France pose problème », a-t-on rapporté à l’AFP.
Les participants à cette rencontre estiment que le niveau actuel de rémunération de cette épargne est « dangereux pour le financement de l’économie et pour la sécurité de l’épargne car elle compromet à moyen terme l’équilibre de la gestion des fonds effectuée par la Caisse des dépôts », a-t-on ajouté.
S’ils sont visiblement d’accord sur la nécessité de baisser les taux – dont la décision finale appartient au Premier ministre -, l’ampleur de cette baisse a suscité des discussions, certains banquiers réclamant même un recul du Livret A à 2% ou 1,75%, contre 3% actuellement.
Selon les participants, il conviendrait de le faire « en toute transparence, avec clarté et pédagogie en expliquant aux Français qu’une baisse des taux de rémunération profiterait aux personnes à revenus modestes ainsi qu’aux PME et à la création d’entreprise. Et qu’elle redonnerait de l’oxygène à l’économie française », a-t-on rapporté à Bercy.
Par exemple, les fonds collectés sur le Livret A servent à financer le logement social et, si les organismes HLM « se financent à moindre coût, les loyers seront moins élevés ».
Cette rencontre, qui réunissait quelque 25 personnes (banquiers et représentants des HLM, des consommateurs, des PME, du Conseil économique social, des députés et des universitaires), n’avait pas pour objet d’arrêter une position mais de dresser un constat des lieux avec les différentes parties concernées, a-t-on ajouté.
« Ils ont fait un constat partagé et étudié la faisabilité. Tout cela participait d’une bonne logique », a précisé le ministère.
La réunion se tenait dans le cadre du rapport Nasse/Noyer sur la gestion des fonds d’épargne réglementée, remis en mars dernier, qui préconisait notamment la tenue de réunions de concertation sur les fonds d’épargne.
Ce rapport, commandé par le ministre de l’Economie Francis Mer, préconisait également la mise en place d’un dispositif d’automaticité pour fixer le taux des livrets en fonction notamment de l’évolution des taux de la BCE.
Les 25 participants ont « reconnu que cette proposition allait dans le bon sens et qu’il fallait trouver un système qui permette de répercuter les taux de la BCE avec un intervalle approprié », a conclu Bercy.
[source – yahoo.com] (AFP)
