Niklas Zennstrom est le fondateur de Kazaa, le logiciel d’échange peer-to-peer le plus répandu. Il continue de s’intéresser à la technologie qui a fait sa fortune… et de croire en ses vertus.
Aux Pays-Bas, Wanadoo a fait appel à votre technologie PeerCache pour mieux gérer le trafic généré par les échanges sur les réseaux peer-to-peer. Cela marque-t-il une acceptation grandissante de l’utilisation de ces réseaux de la part des fournisseurs d’accès (FAI) ?
Oui. Wanadoo n’est pas le seul fournisseur d’accès à avoir fait appel à nous. Tous ont le même souci concernant le peer-to-peer : son trafic occupe jusqu’à 80% de leur bande passante. Or, pas un de ces FAI n’entend renoncer à l’exploitation du peer-to-peer. Tous les représentants avec qui j’ai pu parler, et il y en a beaucoup, considèrent qu’il s’agit là de la « killer app » pour le développement du Haut débit, de la raison pour laquelle les particuliers désirent s’abonner à leurs offres. Cependant, le trafic généré par le peer-to-peer a fait monter les coûts. C’est pourquoi ils ont fait appel à ma compagnie, Joltid. Notre technologie PeerCache permet de réduire de 50% ce trafic.
Comment imaginez-vous l’avenir du peer-to-peer ? Quel rôle pensez vous pouvoir y jouer ?
Je crois fermement que le peer-to-peer est une architecture réseau très utile, qu’elle peut être employée dans de nombreux domaines et résoudre des problèmes dont des architectures centralisées ne sont jamais venus à bout, comme les services de communication ou les bases de données distribuées en masse. Le rôle de Joltid est d’optimiser l’utilisation du peer-to-peer, en généralisant l’utilisation de ce genre d’architecture, et en aidant les FAI à mieux gérer le trafic qu’il génère.
Vous avez été le cofondateur de Kazaa, réseau sur lequel s’échange un nombre important de fichiers illégaux. Pensez vous qu’à terme, une solution existera qui permettre de rendre ces échanges légaux et justes pour les artistes ?
J’ai fondé Altnet, un organe qui distribue légalement des fichiers sur Kazaa. Ces fichiers apparaissent en tête des résultats lors d’une recherche, et sont protégés par le système de gestion de droits de Microsoft. Pour les propriétaires des contenus, il s’agit d’un outil idéal, souple, peu cher, et qui permet d’atteindre des millions de consommateurs. Ce genre de solution est bien plus efficace que la vente de CDs dans les magasins. Et de nombreux artistes estiment que l’échange sur le peer-to-peer est une bonne chose pour eux, leur permettant d’atteindre facilement un plus large public.
[source – tf1.fr]
