Le dégroupage s’accélère enfin en France

C’est un fait avéré, l’arrivée des premières offres dégroupées a provoqué une réelle baisse des tarifs de l’ADSL en France. Le premier à ouvrir le feu a été Free, qui lançait en novembre 2002 son offre nationale 512 Kbps à 30 euros TTC par mois seulement, alors que l’ensemble de ses concurrents commercialisaient leur offre aux alentours des 45 euros mensuels.

Au même moment, l’ART validait la baisse des tarifs de l’option 5 de France Télécom. Nombre d’observateurs s’attendaient alors à une baisse générale des tarifs ADSL, pensant que pour rester concurrentiel, il fallait que les principaux fournisseurs d’accès s’alignent sur cette nouvelle tarification. Il n’en fût rien ! Plusieurs mois après, les offres ont très peu changé … et les ventes ont fortement chuté par rapport à la période faste précédant Noël 2002 !

La baisse des ventes particulièrement sensible chez le principal acteur de ce marché, Wanadoo, dont le nombre d’abonnés ADSL en France, qui atteignait 1,174 million au 31 mars 2003, n’était en progression que de 175K au premier trimestre 2003, alors que le quatrième trimestre 2002 avait vu une progression de 300 000 du nombre d’abonnés haut débit de ce fournisseur d’accès pour atteindre 1 million au 31 décembre 2002.

Peu de temps après, LDcom fit son apparition. En quelques mois, l’opérateur est devenu le principal acteur du dégroupage (en nombre de répartiteurs équipés et nombre d’abonnés dégroupés) et propose à son tour son offre 512Kbps à 30 euros (voire même 1024Kbps pour 35 euros) via sa filiale fournisseur d’accès 9Online.

D’autre part, LDCOM, dont les moyens financiers vont permettre un dégroupage plus étendu et plus rapide que celui de Free, commercialise auprès des fournisseurs d’accès, l’équivalent de l’option 5 de France Télécom. Son offre, moins chère que celle de l’opérateur historique, a déjà séduit bon nombre de fournisseurs d’accès (La Poste, Tele2, Oreka etc…) et pourrait en séduire beaucoup d’autres dans l’avenir.

Reste que malgré des tarifs très agressifs, LDCOM et Free sont confrontés à quelques difficultés de déploiement.

Tout d’abord le dégroupage est quelque chose de long et de coûteux ; seules les plus grandes communes seront donc progressivement dégroupées et il est certain que le dégroupage ne pourra jamais couvrir l’intégralité du territoire français, voire même concurrencer le réseau de France Télécom.

Le deuxième problème est d’ordre technique.

Là où France Télécom a déjà plus de 4 années d’expérience dans la mise en place de DSLAM et la commercialisation d’offres ADSL grand public, nos deux opérateurs alternatifs sont encore novices en la matière, rencontrant naturellement les mêmes soucis techniques que l’opérateur historique lors du lancement de l’ADSL en France.

Malgré son impressionnante force de vente, France Télécom est désormais confronté à une véritable concurrence qui s’accentuera avec le temps.

Nombres d’internautes optent pour ces offres concurrentes et les autres fournisseurs d’accès pourraient eux aussi proposer des offres basés sur le réseau LDCOM, une fois que celui-ci sera mieux rôdé et plus étendu.

On pense à des acteurs majeurs tels que Tiscali ou Club Internet – pour ne citer qu’eux – ce dernier ayant déjà fait un premier pas en lançant une offre 1024/128 exclusivement sur le réseau dégroupé LDCOM.

Quant à Free, qui possède une bonne côte de sympathie auprès des internautes, l’opérateur/fai continue son petit bonhomme de chemin envers et contre tous. En limitant les coûts de production et de communication, Free a une approche plus marginale, avec notamment des équipements (DSLAM) tenus secrets et un modem multimédia « Home-Made » dit FreeBox. Une stratégie différente pour ce nouvel entrant de l’ADSL, qui met à profit sa longue expérience en tant que fournisseur d’accès grand public pour conquérir, sans coup férir, la deuxième place du marché ADSL hexagonal derrière Wanadoo.

[source – dslvalley.com]